Foire à Yancilane

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2009 23
août

Skip Beat!

Skip Beat est un shojo appartenant au genre de la comédie romantique.

Skip Beat!De gauche à droite : Tsuruga Ren, Mogami Kyouko, Fuwa Sho

Mon premier contact avec Skip Beat est le premier épisode de l’anime que j’ai arrêté au bout de 5 minutes, réticente sur l’overdose de comédie. Quelques mois plus tard, en parcourant le site de Mangafox, je m’aperçois avec étonnement que le manga figure en première place dans le top des ouvrages populaires. Alors je m’y remets, plus pour tuer le temps que par curiosité. Qui aurait pu prévoir que cet anime deviendrait mon shojo favori ?

Synopsis de Wikipédia

Mogami Kyouko et Shotaru Fuwa sont des amis d’enfance. Depuis toujours, Kyouko est amoureuse de Sho[...], aide ses parents, s’occupe de lui et lui pardonne tout. Elle le considère alors comme son prince. Aussi, quand, à l’âge de 16 ans, Sho décide de quitter Kyoto pour fuguer à Tokyo, où il a une chance de percer comme chanteur, il demande à Kyouko de l’accompagner. La jeune fille accepte, très heureuse d’avoir été choisie par Sho. Mais une fois sur place, Sho est totalement absorbé par son travail de chanteur, ne rentre presque jamais dans l’appartement qu’il occupe avec Kyouko (elle fait deux boulots en même temps afin de pouvoir payer le loyer et le train de vie de Sho). Mais Kyouko, toujours heureuse d’être là, travaille jusqu’à l’épuisement pour son prince, et avec le sourire ! Car chanter ne rapporte pas encore d’argent à Sho. Un jour qu’elle vient rendre une visite surprise à Sho, il l’entend dire à sa manager qu’il a une bonne pour assurer ses arrières, c’est pour ça qu’il n’a pas besoin de faire un petit boulot. Il explique que cette pauvre cloche est venue volontairement avec lui et qu’elle est heureuse de le servir, alors pourquoi s’en priver ? Kyouko « pète les plombs », littéralement, envoie tout balader, hurle, pleure devant un Sho insensible et sarcastique. Elle veut se venger ? Elle n’a qu’à devenir plus célèbre que lui ! lui dit-il en souriant. Kyouko change radicalement d’apparence et, après maints « efforts » (harcèlement), finit par être acceptée à la LME.

Histoire & Personnages

Ancrage dans le show-business

L’action sans pour autant être abondante ne manque pas pour nous tenir haleine. Le parcours de l’héroïne est plus qu’intéressant et se complète à merveille avec la touche de romance et de comédie. Ici, le cliché de l’amour rose et des coups de cœur sans raison à tout va est hors de question. C’est l’environnement du travail qui permet le développement des relations de Kyouko ainsi que des autres protagonistes et non l’inverse. On baigne vraiment en profondeur dans ce monde du show-business et dans le jeu des différents acteurs talentueux dont nous avons affaire. Les rôles attribués à Kyouko ainsi que les histoires dans lesquelles ceux-ci sont ancrés sont diversifiés et extrêmement bien développés.

Personnages principaux

A noter que je ne commente que les personnages les plus mis en avant. Bien d’autres personnages sont étroitement liés à ceux-là et d’importance non négligeable, mais je ne les mentionne pas ici, pour la simple raison que je n’ai aucun commentaire intéressant à faire.

Mogami Kyouko

Mogami Kyouko
Le cliché de l’héroïne faiblarde, naïve, hyper-sensible et totalement innocente est tout aussi exclu. Bien que Kyouko soit candide au début de l’histoire, elle évolue très vite vers la maturité, la défiance et le caractère battant d’une guerrière qui ne cherche qu’à conquérir ce nouveau monde du show-biz – et à se venger.

Tout au long de Skip Beat, elle fascine par sa manière de gérer ses rôles. Alors que beaucoup affirment qu’il faut suivre les écrits à la lettre, elle suit le conseil de Tsuruga Ren qui consiste à penser au delà de ce qui est écrit, pour mieux incarner le personnage. Le résultat est toujours très saisissant et c’est ce qui explique son succès grandissant.

Tsuruga Ren

Tsuruga Ren
Cette célébrité fait fureur dans le monde du show-biz et fait figure d’aîné de Kyouko puisqu’ils travaillent dans la même agence. Kyouko en apprend beaucoup de lui et se donne l’objectif d’égaler son jeu d’acteur. Le charisme de Tsuruga Ren est époustouflant. A vrai dire, même moi qui n’ai d’yeux que pour les stratèges ai inclus ce Ren dans ma liste des personnages mythiques. Son regard, son jeu et sa carrure sont sans pareils : on en vient même à se demander comment l’auteur a fait pour créer un tel personnage !

Mais heureusement, notre Ren n’est pas parfait. Il manque parfois de professionnalisme, quant à la nourriture et l’entretien de son propre corps et gère mal les relations amoureuses. Il semblerait qu’il ait eu peu voire pas de relation amoureuse durable. Si sa petite amie affirmait vouloir le quitter, il ne chercherait pas à lui faire changer d’avis. Beaucoup pensent qu’ou bien Ren n’a pas d’affection, ou bien il ne sait pas gérer les relations. De mon point de vue, on peut tout de même percevoir ici une ouverture d’esprit : après tout, y a-t-il du mal à penser au bonheur de la personne aimée plutôt qu’à sa possession ? Est-il reprochable de penser avant tout à la volonté de la personne aimée ? Pour moi, nous avons ici une preuve de maturité chez notre personnage qui s’ajoute fort bien à son charisme incommensurable.

A mes yeux, sa manière de désapprouver le projet de vengeance de Kyouko n’est pas dû qu’à la jalousie, elle démontre surtout son pragmatisme : la vengeance est un gaspillage, elle obsède pour finalement ne rien apporter ; autant s’en passer et jouer pour soi-même.

Fuwa Sho

Fuwa Sho
Fuwa Sho à l’inverse est le personnage typiquement arrogant qui ne manque pas d’énerver. On l’aime ou on ne l’aime pas. Personnellement, je le situe en dessous de son concurrent – tant en show-biz qu’en amour – Tsuruga, car il est quasiment, pour ne pas dire complètement, dépourvu de sagesse. Il se différencie de Tsuruga notamment par son fort caractère intrépide et pulsionnel, ce qui fait sa faiblesse pour moi, son charme pour d’autres.

Toutefois, Fuwa a conscience que l’obsession de la vengeance de Kyouko lui permet « d’occuper une place considérable au sein de son coeur », malgré elle.

On s’attend facilement à un triangle amoureux autour de ces trois personnages. Mais, n’ayez crainte : il se met très très très lentement en place. Pour vous dire vous ne trouverez le premier baiser de Kyouko que dans les 140èmes chapitres du manga (bien entendu, je ne vous dis pas quel chapitre exactement pour ne pas gâcher le suspense ^_^ ; même moi malgré mon stade avancé dans la lecture du manga, je n’ai vu ce chapitre que ce matin).

Anime vs Manga

D’après ce que j’ai pu voir sur la Toile, l’anime suit d’assez prêt le manga. Je n’ai regardé le manga qu’au moment où l’intrigue du tournage de Dark Moon se dirige vers Tsuruga Ren. Toutefois, j’ai préféré revenir sur papier à l’épisode du tournage du clip de Fuwa qui s’est produit bien avant, car les dessins sont différents.

Pour faire court, je préfère l’anime pour son côté animé et coloré, format adapté à la comédie. Les OSTs sont dans l’ensemble abordables ; j’ai eu notamment un coup de cœur pour l’ending. En revanche, le manga surpasse bien largement l’anime dans la finesse des dessins et dans l’expression des sentiments des personnages.

Qui plus est, il est bien plus facile de se repérer dans la horde des personnages avec les couleurs que sans. C’est pourquoi, je conseillerai toujours la même chose : commencez par l’anime pour vous imprégner facilement de l’histoire et des personnages, puis poursuivez – voire recommencez le tout – avec le manga.

Attention toutefois, à la fin de l’anime, de nombreuses scènes très importantes sont passées à la trappe. Plus précisément, je conseillerais de commencer par le chapitre 64 pour s’habituer aux dessins, ou au pire par le chapitre 65. Non tout compte fait (des mois après avoir commencé la lecture du manga, je me suis décidée à acheter les volumes français et donc de lire les vieux chapitres), je vous conseille de tout recommencer depuis le début, du moins au moins à partir du clip de Sho ! C’est un pur bonheur de revoir le tout en plus étoffé depuis le début, je vous le garantis !

Jeu PS2

Un jeu de rôle sous Playstation 2 est sorti au Japon. Mechgouki nous a fait le plaisir d’écrire le déroulement du jeu avec les images sur son blog (en anglais). Au moment où j’écris ces lignes, elle a décrit uniquement l’histoire où la joueuse « choisit » Tsuruga Ren.

Personnellement, je ne suis pas très fan des jeux de rôles du genre harem. Mais je ne peux que vous conseiller d’aller faire un tour sur le blog que j’ai indiqué ci-dessus, rien que pour les images exclusives dont les traits et couleurs sont bien plus peaufinés que dans l’anime.

Scans en français

Pour ce qui est des scans, je ne peux que vous conseiller le superbe travail fait par notre chère Nicia. Si je mets le lien alors que Skip Beat! est licencié, c’est parce que je me suis aperçue que les scans constituent un support irremplaçable. C’est bien grâce à eux que j’ai pu réaliser des colorisations (ie. des mises en couleurs) de certaines pages de Skip Beat! (cf plus bas). Je ne le fais donc que dans le but de promouvoir l’artiste.

Toutefois, il y a bien entendu une contre-partie : je compte sur vous pour supporter l’auteur dans son immense travail si vous veniez à apprécier le manga en achetant les volumes qui sortent.

Pour les plus fanatiques…

Beaucoup de fans se sont mis à colorier des scènes incontournables tirés du manga avec des logiciels spécialisés comme Photoshop. Pour ma part, j’ai puisé mes propres ressources dans les topics du forum FrankyHouse qui suivent :

Personnages masculins : http://www.franky-house.com/forums/showthread…
Personnages féminins : http://www.franky-house.com/forums/showthread…

Allez-y, on y trouve de véritables œuvres d’art !

Edit le 05/11/2009 : vous en trouverez encore plus en tapant « Skip Beat » dans le site de DeviantArt !
Et voici quelques unes de mes colorisations en guise de supplément :

D’autres avis et articles à propos du manga sur de la toile

Rubrique ajoutée le 11/11/2009

Blog de Pitchy [fr] : http://pitchy.eklablog.com/shoujo-skip-beat-a578511

The Scrumptious Anime Blog [en] :

Je tiens à commenter ce dernier article où l’auteur se fait l’avocat du diable sur ce manga. Voici un extrait (traduction approximative de l’intro de ma part) :

Ces derniers temps, je me suis demandé si Skip Beat! était vraiment si formidable que ça… Les blogueurs pourraient ne pas avoir accordé suffisamment d’attention à ce propos, mais il est certain que ce manga attire les projecteurs sur bien d’autres choses plus réconfortantes. Partout, que ce soit dans les forums, les salons de chat ou les groupes yahoo, les fans en font l’éloge, le louent comme si c’était un véritable chef d’oeuvre. Mais en est-ce un réellement ? N’est-ce pas plutôt une série de plus qu’on surestime, probablement un shounen épique et extrèmement long déguisé en shoujo ? Pour une fois, j’ai décidé de m’abstraire de mes yeux de lectrice féminine et de considérer Skip Beat d’un point de vue totalement objectif.

Voila qui est très intéressant. Malgré le bon nombre de shounen que j’ai déjà regardés – que j’aborde plus ou moins sur ce blog selon qu’ils m’aient marqué ou non -, j’avoue n’avoir jamais pensé à comparer Skip Beat! aux shounen. Il faut dire aussi que le contenu qui précède cette dernière rubrique, je l’ai écrite du point de vue d’une fanatique. Il est clair que bien des critiques peuvent être formulées à l’égard de Skip Beat!. Dans l’ensemble, notre blogueuse remet en cause de manière générale toutes les excentricités qu’on peut trouver sur ce manga : la section Love Me, le côté pleurnichard de Kyouko, sa haine, tout son passé avec Tsuruga en tant que Kuon, le fait qu’ils se revoient par hasard dans le show-biz, le fait que Tsuruga n’ait pas eu de sentiments amoureux à proprement dit et j’en passe (je vous conseille vivement de lire l’article, il est dans un anglais compréhensible)…

Pour moi, ses arguments sont tous valables - si j’avais à déplorer certains points de Skip Beat! ce seraient les mêmes - à l’exception des derniers sur la lenteur du développement de la relation de Kyouko et Ren. Alors que beaucoup de fans se plaignent de cette lenteur, moi elle ne me gène pas, mieux encore : c’est pour moi un des grands points forts de la série. En effet, par opposition aux relations brusques, celle de Kyouko et Ren s’établit progressivement et de manière naturelle. Il s’agit d’un point très important pour moi, non pas parce que je ne veux pas voir la série se terminer (quoiqu’en partie, mais ce n’est pas ma préoccupation principale), mais parce que pour moi dans la vraie vie, une relation qui s’installe de manière progressive et naturelle a la probabilité maximale d’être authentique et durable.

Au sujet du côté excentrique de Skip Beat!, j’ose dire qu’elle passe presqu’inaperçue pour la simple raison qu’on reste dans le vraisemblable et qu’il apporte la touche de comédie romantique appréciée de tous. Sur d’autres points fondateurs de l’intrigue, je dirais que le manga est un des meilleurs supports pour l’utopie, chose pas mal recherchée par les fans il me semble.

Si on accepte les points d’excentricité et qu’on se base dessus pour suivre l’évolution des personnages et surtout leur manière de procéder pour se débrouiller dans une situation donnée,  alors on s’aperçoit à quel point l’auteur est un génie et une penseuse hors de commun !

Au bilan, il est vrai que Skip Beat! n’est pas parfait, mais il surpasse unanimement la très grande majorité des shoujos.

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